Ar Jeeguen s’organise autour d’un système coordonné et multi-acteurs, structuré en un “Carré magique”. Ce modèle innovant s’appuie sur quatre piliers complémentaires, indispensables pour passer à l’action : science, acteurs locaux, acteur économique et acteur institutionnel. Ce dispositif à quatre piliers permet de lever les principaux freins à la création de passerelles transdisciplinaires, ouvrant ainsi la voie à des solutions durables.
- L’Institut océanographique Paul Ricard, partenaire scientifique, garant de l’expertise et du suivi du projet.
- La Fondation Veolia, acteur économique, initiatrice du projet et principal financeur.
- Le Comité Interministériel de Lutte contre les Migrations Irrégulières et l’Agence Nationale de l’Aquaculture du Sénégal, acteurs locaux engagés dans la mise en place d’une politique aquacole durable. L’ANA a assuré la gestion opérationnelle de l’écloserie.
- L’Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima NIASS (USSEIN) de Kaolack au Sénégal, acteur institutionnel majeur en partenariat avec le GIE “Aar Aduna Ar Jeeguen”, pour former des étudiants aux techniques d’aquaculture sur la ferme de Mbodiène.
Objectifs principaux d’Ar Jeeguen
- Sécurité alimentaire et emplois locaux
Ces fermes piscicoles locales constituent un levier majeur de sécurité alimentaire, de résilience économique et de stabilisation sociale dans les zones rurales et côtières du Sénégal (ODD 1, 2, 8 et 14). En garantissant un accès régulier et durable à des protéines animales et végétales produites localement, le projet réduit la dépendance aux ressources halieutiques sauvages soumises à une forte pression et contribue à la préservation des écosystèmes côtiers. Le modèle d’aquaculture–maraîchage intégré, sobre en ressources et facilement réplicable, permet une diversification des activités économiques, la sécurisation des revenus et le renforcement de la résilience des communautés face aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés. En proposant des opportunités économiques locales viables, le projet constitue également une alternative concrète à l’émigration irrégulière et une solution durable face aux impacts négatifs de la pêche industrielle sur les moyens de subsistance des populations côtières.
- Autonomisation des femmes
Structuré autour de Groupements d’Intérêt Économique (GIE) féminins, le projet Ar Jeeguen place l’autonomisation économique et sociale des femmes au cœur de sa démarche (ODD 5, 8 et 10). Les femmes sont pleinement responsables de la gestion des fermes, de la production piscicole et maraîchère, ainsi que de la commercialisation, renforçant ainsi leur rôle décisionnel et leur autonomie financière.
Dans un contexte où la pêche industrielle a marginalisé les femmes des filières halieutiques traditionnelles, Ar Jeeguen constitue une réponse inclusive et innovante, créatrice d’emplois décents et vectrice de résilience sociale dans les zones côtières et rurales.
- Recherche et innovation
Le projet Ar Jeeguen s’appuie sur une forte dimension de recherche scientifique appliquée et d’innovation, au service du développement d’une pisciculture durable, résiliente et adaptée aux contextes côtiers ouest-africains (ODD 9, 12, 13 et 14). Les travaux menés sur les techniques de reproduction et de grossissement des poissons contribuent à améliorer les performances des systèmes de production tout en limitant leur empreinte environnementale.
En parallèle, les recherches conduites par l’Institut océanographique Paul Ricard visent à développer et améliorer des systèmes de production intégrés, optimisant l’usage de l’eau et des nutriments, et renforçant l’adaptation des fermes aux effets du changement climatique. Après plus d’un an de fonctionnement, les résultats obtenus confirment la fiabilité du système aquaponique au regard des principaux critères d’évaluation : la croissance des poissons, la productivité du système, l’efficacité énergétique.
Le modèle économique est également innovant. Les bénéfices générés par la vente des produits maraîchers et des poissons sur les marchés permettent aux GIE de rembourser le prêt initial accordé par Veolia sur un modèle de crédits bonifiés à taux zéro. Ces fonds seront réinvestis pour financer de nouvelles initiatives locales.
Conçu pour être facilement réplicable, le projet Ar Jeeguen ouvre la voie à une multiplication de fermes piscicoles à système hybride dans toute la région, participant concrètement à l’établissement d’une chaîne alimentaire vertueuse et à l’intégration socio-économique des populations.
- Formation et transfert de compétences
Par sa dimension pédagogique et partenariale, le projet joue un rôle structurant dans le renforcement des capacités locales et la diffusion de compétences techniques liées à l’aquaculture durable (ODD 4, 8 et 17). La convention de partenariat signée avec l’Université du Sine Saloum USSEIN permet l’accueil de stagiaires et la mise en œuvre de formations pratiques au sein de la ferme et de l’écloserie de Mbodiène, favorisant l’insertion professionnelle des jeunes. A l’Institut océanographique Paul Ricard, les travaux menés sur la nouvelle plateforme expérimentale ont porté sur l’optimisation d’un modèle artisanal associant maraîchage et aquaculture, à travers le développement d’un démonstrateur aquaponique à petite échelle (1/100). Ces expérimentations permettent un transfert de compétences techniques et scientifiques vers les exploitations au Sénégal.

